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pdgQuand un professionnel passionné se confie pour pous aider à mieux connaître le vin et les vignerons talentueux, du plus grand au plus modeste.

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Il y a la France, mais aussi l'Italie...

Par pdg :: 26/01/2007 à 12:26 :: Général

L’Italie se divise aisément en quatre grandes régions vinicoles :


- Le Nord-Est du pays, ce sont les vins du Trentin-Haut-Adige, de type allemand (ou autrichien), le domaine du Valpolicella et du Soave en Vénétie, puis les vins des Grave et Colli du Frioul et de la Vénétie Julienne.


- Le Nord-Ouest, d’une topographie très contrastée, regroupe le Val d’Aoste avec ses pistes de ski, la (très) grande région viticole du Piémont, les Apennins de Ligurie au-dessous, qui borde la Méditerranée, la Lombardie, puis l’Émilie-Romagne et son Lambrusco, qui empiète sur le nord et le centre du pays et annonce la Toscane.


- Le Centre, qui commence par la beauté de la Toscane et son fameux Chianti omniprésent, se poursuit vers Rome et le Latium, sur la mer Tyrrhénienne, traverse le pays par la région de l’Ombrie, atteint la mer Adriatique par les Abruzzes, puis les Marches pour ses vins méconnus de Rosso Piceno, avant d’arriver au secteur de Molise.


- Le Sud, c’est aussi un autre pays, avec d’autres vins et des régions authentiques, la Campanie sur la côte ouest, les Pouilles sur la côte orientale, la Basilicate au centre des deux, puis la Calabre, splendide comme la Sardaigne et la Sicile où l’on savoure le Marsala.


Lire la suite :

http://patrick.dussert-gerber.com/vins-ditalie/

Débat sur AgoraVox

Par pdg :: 22/01/2007 à 11:13 :: Général
A lire et à commenter : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18148


Un vrai vin, sinon rien


Sensualité, amitié, saveurs, patrimoine, émotion, partage, mémoire, art de vivre, coutumes, labeur, authenticité, plaisir des sens, convivialité, histoire... les mots et les valeurs sont nombreux pour exprimer ce monde du vin que nous aimons.

De tous temps, les symboles sont forts, du plus mystique (le “Sang de la terre et du Ciel”) au plus poétique (“Boire du vin, c’est boire du génie”), en passant par les valeurs intellectuelles (“L’invisible esprit du vin”), ou celles plus alimentaires (“Bonne cuisine et bons vins, c’est le paradis sur terre”). Le vin, celui que nous défendons, ce n’est pas une boisson rouge, blanche ou rosée. Et c’est la raison pour laquelle il faut savoir de quel vin on parle.

Un vrai vin, c’est un vin de terroir

La priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée ou simplement en laissant faite la nature, qui n’a besoin de personne... Il y a une dizaine d’années le travail des vignes avait été délaissé, et surtout dans certains grands crus bordelais, au profit de la vinification. Si toutes les techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires traditionnels continuent de faire ce qu’ils savaient faire. Il est indéniable que ces dernières années, on a appris à mieux maîtriser les vinifications, et surtout, à ne plus faire de mauvais vins, on arrive à les arranger. 

Mais attention : cela ne veut pas dire que l’on fera des vins typés car la typicité vient du terroir. Cette notion de terroir est indéniable, et cette typicité intervient aussi avec des vins plus modestes, quand on goûte un Menetou-Salon “à l’aveugle”, un Saumur, on retrouve le goût du Sauvignon ou du Cabernet franc et celui du terroir adapté. C’est encore plus flagrant et exacerbé quand on déguste des grands crus, très marqués par leur sols et sous-sols, comme dans la Loire, en Bourgogne, à Bordeaux (gare aux “cuvées de garage”, voir plus loin), en Champagne (où l’art des assemblages fait la différence), dans la Vallée du Rhône ou en Alsace.

Les vins standardisés

- D’abord, ce que l’on nomme les “vins de cépages”. Il est impératif de ne pas mélanger les vins issus d’un mono-cépage, qui sont, par la force des choses les premiers concernés et attaqués, et ces “nouveaux” vins de cépages.

Entrons dans le détail. En France, plusieurs régions et appellations (Pomerol avec le Merlot par exemple), produisent de grands vins de mono-cépage, Pour les régions, prenons le cas de la Bourgogne et de l’Alsace, cette dernière asssociant en plus le cépage à l’appellation. Un Riesling on s’en doute provient du Riesling et pas d’un assemblage de Riesling et de Tokay. En Bourgogne, le Pommard, le Vosne-Romanée, le Corton ou un Volnay sont tous issus du Pinot noir et ne se ressemblent pourtant pas du tout.

Prenez alors ce que l’on nomme un “vin de cépage” : un Chardonnay d’Auvergne, un Sauvignon américain, un Cabernet-Sauvignon australien, etc. La différence est incontestable. Un “vin de cépage” est donc un produit marketing qui vise à séduire une clientèle en l’attirant avec la mention d’un cépage prestigieux. Le consommateur “lambda”, celui qui passe d’un soda à la bière, ne peut être que flatté et rassuré de lire le mot Chardonnay sur une étiquette. Tous ces “ersats” qui portent le même nom de cépage se ressemblent : ils sont standardisés et aucune différence ne sépare l’un d’entre produit en France d’un autre produit au Chili ou en Nouvelle-Zélande. On voit bien qu’ils sont plantés dans des pays “neufs” en matière de vins ou dans des régions où l’on peut se procurer des terrains à bas prix. Ils sont standardisés par leur cépage (et encore, il faudrait distinguer les porte-greffe) et par leur vinification, voire un mattraquage en barriques neuves. Ce sont des vins de boissons, rien de plus.

Les vrais vins typés

A contrario, un vin digne de ce nom et lui également mono-cépage, n’a rien à voir et ne concourt pas du tout dans la même catégorie. Première précision : le prix n’est pas à prendre en compte. Il y a des vins standardisés qui valent plus cher qu’un Chinon (mono-cépage Cabernet franc ou qu’un Sancerre, mono-cépage Sauvignon), et même, et c’est un comble, encore plus cher que d’autres appellations plus réputées.

Ce qui m’agace, c’est que les “marchands” osent dire qu’un simple vin blanc issu du Sauvignon ou du Chardonnay peut être “comparé” avec nos vins d’appellations où le terroir entre en scène d’une façon indubitable. Est-ce de l’ignorance ou de la mauvaise foi ? Qui peut oser dire qu’un Pouillly-Fumé provenant d’un sol de calcaires portlandiens, qu’un Chablis marqué par un sous-sol Kimméridgien, qu’un Gewuztraminer racé par ses sols de marnes de l’oligocène (comme à Éguishein, par exemple) a le même goût qu’une bibine du même cépage planté dans des terres à maïs ou dans des pâturages ? On sait déjà que deux grands vins typés mono-cépages plantés à quelques dizaines de mètres ne se ressemblent pas (un Gevrey-Chambertin Saint-Jacques et un Gevrey-Chambertin Les Cazetiers par exemple)... Imaginez l’abîme qui peut séparer les autres.

Mélanger cela, c’est mélanger en effet “les torchons et les serviettes”, c’est faire fi de toute l’histoire géologique, de l’héritage des générations passées, bref, de la civilisation. Pour faire simple, c’est aussi navrant que de comparer Rembrandt à un “peintre” qui barbouille trois lignes de couleur sur une toile (il y a pire dans ce domaine), le génie d’un Mozart à un “chanteur” qui se dandine dans une émission de variétés, une épée de Tolède à un couteau de cuisine ou un meuble Boulle à du contreplaqué...

Bien entendu, si j’ai tenté d’expliquer le monde qui sépare les grands vins mono-cépages de France et les petits “vins de cépages”, il faut tout aussi faire enter dans les vrais vins typés que nous aimons, tous les autres crus de nos régions qui sont issus à partir de plusieurs cépages. S’ils sont moins copiés, c’est parce que c’est plus simple de “vendre” un seul nom de cépage que de mettre sur une étiquette “Merlot, Cabernet-Sauvignon, Malbec” ou “Mourvèdre, Grenache, Syrah” ou “Bourboulenc, Maccébéo, Marsanne”. La complémentarité des raisins s’expriment au mieux dans les grands vins du Bordeaux (Médoc, Graves, Saint-Émilion, Côtes...) à Châteauneuf-du-Pape, à Bandol, dans le Sud-Ouest ou en Languedoc. 

On en vient à l’extrême prudence qu’il faut avoir sur ces vins de cépages (à quoi bon planter du Gewurztraminer en Languedoc ? ) comme sur les vins qui, faute de terroir, ne peuvent s’exprimer qu’au travers d’éléments extérieurs, en l’occurrence des vinifications trop techniques qui les dépersonnalisent, ou l’usage abusif de la barrique neuve.

Autre question : est-ce qu’un vin doit avoir le goût de “fumé”, de “bois blond” (sic), de “tabac”, de “torréfaction”, de “goudron” ou de “bonbon anglais” ? La réponse est non quand il s’agit d’artifices et d’arômes pas naturels. On ne retrouve ce gente de complexité que dans des vins parvenus à maturité (10, 20 ou 30 ans selon la force intrinsèque de chaque millésime) où la subtilité aromatique peut alors tendre vers ce type d’arômes secondaires et tertiaires. Sentir un vin jeune qui n’exhale que ce type d’arômes ou de saveurs prouve que le vin est bien souvent issu d’élevage “à la mode”. Pour exemple, le goût de “brûlé” est dû au goût habituellement donné par des barriques neuves qui ont été chauffées intentionnellement pour apporter ce style de parfums. Idem pour le goût de “vanille”, aussi naturel que le goût de “banane” que l’on avait retrouvé une année dans les Beaujolais.

La cuvée spéciale

La cuvée spéciale ou de prestige d’un producteur est en fait une sélection par rapport à sa cuvée traditionnelle (ou son second vin). Cest un plus, si l’on reste dans des limites de production raisonnable et si le premier vin correspond à une sélection sereine. Si un “Premier Grand Vin Classé” de Bordeaux était issu seulement des 5 ha sur les 50 de son vignoble, il pourrait être considéré comme un “vin de garage”, sa marque et sa renommée ne correspondant plus à la majorité de son vignoble pour lequel il doit être jugé. Il faut se méfier des ‘troisièmes” vins (voire des “quatrièmes”), qui ne servent bien souvent qu’à gonfler le “premier” vin, le plus connu et donc le plus cher.

Le vin “de concours”

Des “critiques” dégustent un vin en recherchant uniquement des sensations primaires et immédiates, oubliant qu’il faut le laisser s’exprimer avec tel ou tel mets. Un grand vin a besoin d’évoluer, de s’épanouir, de s’exprimer aussi dans le temps. S’extasier sur un Grand Cru Classé de Saint-Estèphe ou de Saint-Émilion, millésime 2006, alors que le vin ne sera à sa maturité que dans plusieurs années, c’est être ridicule, comme l’est le fait de goûter le dernier millésime quatre mois après sa récolte. On peut le faire pour un Beaujolais, pas pour un Pauillac, le premier étant vinifié pour être bu rapidement et gouleyant, le second n’ayant même pas encore commencé son élevage...

Ne croyez-vous pas qu’il y a de quoi rire quand un “confrère” se permet de noter un Margaux ou un Pomerol sans savoir ce qu’il donnera ? Ce n’est que de l’esbroufe. On se trouve face à des vins dont l’unique but est de rafler des “étoiles” et des notes de “95 sur 100” (et plus, hélas) donnés par un “critique”américain, par exemple.

Idem pour le vin “de garage”. C’est une nouvelle fois dans la région bordelaise, et surtout dans le Libournais que l’on trouve ces “erzats”. Je vous renvoie à l’article sur la région de Saint-Émilion pour mieux comprendre l’absurdité de ces vins totalement “fabriqués”, où l’on fait fi de la nature. Certains producteurs (le mot convient-il ?) rêveraient de mettre leur vignes sous serre...

Pour faire un bon vin c’est simple : il faut un terroir convenable, pas obligatoirement un superbe terroir évidement, tout le monde ne peut pas en avoir, des cépages très appropriés et non pas uniquement des cépages à la mode, parce qu’ils poussent plus facilement et sont plus faciles à gérer. On a toujours dit que le troisième millénaire serait religieux, ce sera surtout le siècle du terroir, on pourrait alors dire que le prochain millénaire sera celui des vins de “terroir contrôlé”. Un retour au respect de la nature, un partage avec sa famille, ses amis. Les époques sont difficiles et on a besoin de se faire plaisir, un jour, on part en voyage, un autre, on ouvre une bouteille sympathique. L’important, c’est de déboucher un Chinon et de s’apercevoir qu’il ne ressemble pas à un Côtes-de-Bourg (et vice-versa), un Pomerol sans le confondre avec un Pauillac, un Meursault qui décline les nuances de ses terroirs (Charmes...), un Brouilly qui ne ressemble pas à un Chénas, ou un Châteauneuf-du-Pape à un Bandol. Le plaisir du vin ne se résume pas à le boire. Il faut en parler et en rêver. Le vin n’est pas une boisson comme une autre. Un vin “colle” à son propriétaire. Le monde du vin n’est donc pas le même partout. D’un côté les marchands, de l’autre les passionnés.

Mes Classements 2007

Par pdg :: 21/01/2007 à 9:53 :: Général
Lorsque, en 1985, j’ai été le premier à remettre en cause le « fameux » Classement des vins du Médoc, qui datait de 1855, cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens. Il m’a semblé ensuite logique de développer des classements pour toutes les régions de France, pour la grande majorité des appellations. En revanche, et c’est contraire à la mode actuelle (et donc passagère), je me suis toujours refusé à « noter » un vin. La raison est simple : c’est pour moi une négation de ce « Sang de la Terre et du Ciel » que de l’affubler d’une note. Ce serait oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. C’est une facilité pour attirer le chaland, qu’il me serait simple d’appliquer si je ne respectais pas autant les vignerons, que j’aime rencontrer car ils ont aussi leur importance (convivialité, passion…)



Mes Classements évaluent les meilleurs rapports qualité-prix-plaisir. Ils tiennent compte de tous les producteurs : vignerons, négociants et caves coopératives. Ils sont ouverts à tous. Pour mes Classements, trois points sont à retenir :


1 – Mes Classements ne sont pas figés et contiennent une hiérarchie interne.
2 – L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes.
3 – Chaque Classement est propre à une région.


Mes Classements ne sont pas figés et ont une hiérarchie interne

- Les 1ers grands vins classés

Le sommet, même il s’agit de « comparer » non plus uniquement l’image de marque mais une réelle et très grande régularité qualitative. Aux côtés de crus incontournables, quelques autres atteignent des sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et un rapport qualité-prix indéniable. Il est impératif de suivre la hiérarchie interne de chaque classement, les premiers des Premiers Grands Vins classés étant supérieurs aux autres Premiers


- Les 2emes grands vins classés

C’est la catégorie qui réserve le plus de surprises, et les coups de cœur y sont nombreux. À elle seule, cette catégorie est une véritable hiérarchie, et de nombreux producteurs y évoluent selon les derniers millésimes ou cuvées dégustées. Aux côtés de certains « grands » crus (ou marques) historiques qui parviennent à se maintenir au plus haut niveau (c’est surtout le cas à Bordeaux, en Bourgogne et en Champagne), plusieurs vins moins connus y figurent, grâce à leur régularité qualitative et un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Certains vins de cette catégorie peuvent d’ailleurs prétendre atteindre des sommets, et d’autres méritent largement leur place grâce à un rapport qualité-prix-typicité exceptionnel, même s’il faut savoir aussi respecter la hiérarchie interne de cette catégorie. En tout cas, de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que certains domaines, dont la notoriété n’existait pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie, à s’imposer et à devenir incontournables


- Les 3emes grands vins classés
C’est une position « d’attente » où l’on trouve des vignerons qui élèvent des crus qui n’ont pas été suffisamment dégustés et qui peuvent détrôner des vins plus connus dans les dégustations à l’aveugle. Ces producteurs peuvent donc monter en grade, bénéficiant d’un *.
D’une manière générale, le fait même d’être dans ces Classements implique une haute tenue qualitative. Les vins ne sont intrinsèquement pas comparables, le Classement ne fait donc que les situer les uns par rapport aux autres, selon l’évolution des millésimes. Les « premiers » des Deuxièmes Grands Vins classés, par exemple, sont très proches de la catégorie Premiers Grands Vins classés. Il faut donc bien sûr tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand cru, sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre cru, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix est excellent. Cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Dans tous les cas de figures, certains vins classés peuvent mériter mieux dans des millésimes précis comme 2004, 2003, 2002 ou 2001 (ils sont indiqués alors par un *).


L’évaluation d’un cru se fait sur de nombreux millésimes...

Un « grand » vin, ou plutôt un vin digne de ce nom, se mesure uniquement sur son potentiel d’évolution, sa régularité qualitative, même dans des millésimes délicats comme 97 ou 92, ou difficiles à maîtriser comme 2003, 2002, ou 94, et sur son aptitude à parvenir à maturité. Ces critères sont donc la base même de ces Classements, remaniés chaque année, par la force des choses et de la nature. Ils prennent compte bien entendu de l’évolution des millésimes précédents et peuvent être également remis en cause par la qualité des prochaines cuvées.
La plupart des producteurs retenus ont été suivis depuis 28 ans, ce qui permet de se faire une véritable idée de la régularité qualitative. C’est la seule chose qui compte pour pouvoir juger tel ou tel cru, et ne pas se laisser prendre par une cuvée spécialement « arrangée ». Quelques châteaux repris récemment sont classés en tenant seulement compte des deux ou trois derniers millésimes, et leur évolution viendra conforter ou non leur place actuelle. Ils sont indiqués entre parenthèses pour l’instant, tout comme les propriétés qui viennent d’être reprises. Les Classements ne sont donc pas statiques : ils se veulent le reflet d’une situation globale dans une appellation, qui tient compte de paramètres fondamentaux : typicité des crus, caractéristiques propres, qualité des vinifications et de l’élevage, homogénéité et régularité qualitative des cuvées, évolution des millésimes, politique qualitative des propriétaires, rapport qualité-prix… Les absents le sont principalement quand les dégustations effectuées n’ont pas été suffisantes pour pouvoir situer le vin.


Chaque Classement est propre à une région

Intrinsèquement, les vins ne sont pas les mêmes. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire de véritable comparaison avec tel ou tel autre. Aucun Classement n’est donc à comparer avec un autre, et il ne doit pas y avoir de rapprochement entre une région ou une autre. On se doute bien qu’un Premier Grand Vin Classé de Chinon n’est pas au même niveau qualitatif qu’un Premier Grand Vin Classé du Médoc. C’est au sein d’une même région ou appellation qu’il faut comparer les vins. Un Deuxième Grand Vin Classé du Languedoc ne joue évidemment pas non plus dans la même catégorie qu’un Deuxième Grand Vin Classé de Bourgogne. On peut décliner les exemples et on aura compris qu’un Beaujolais Classé n’est pas à rapprocher d’un Pomerol au même niveau dans son Classement propre, idem pour un Sancerre et un Pessac-Léognan, un Bandol et un Vosne-Romanée, un Minervois d’un Pauillac, etc. Ainsi, dans les Classements de Bordeaux et de Champagne, j’ai également classé les vins en deux catégories, « puissance » et « élégance », pour mieux prendre en compte justement le caractère propre de chaque vin et éviter des comparaisons.



© Copyright Patrick Dussert-Gerber. Tous droits réservés. Reproduction interdite.

A voir : [http://www.guidedesvins.com/|http://www.guidedesvins.com/|fr ]

Test by Les Inconnus

Par pdg :: 19/01/2007 à 21:24 :: Général

Champagne, mode d'emploi et Classement

Par pdg :: 19/01/2007 à 20:39 :: Général
En 20 ans, le monde du Champagne a changé avec l’émergence de nombreux vignerons qui ont signé leurs cuvées plutôt que de se contenter de vendre leurs raisins au négoce ou aux coopératives. Cela a chamboulé les règles, les renommées, et apporté aux consommateurs une palette exceptionnelle, dans toute la gamme de prix. Voici ce qu’il faut retenir.

Dans le temps, il n’y avait que les grandes marques. Aujourd’hui, beaucoup de vignerons vendent en direct des cuvées remarquables, de la plus fine à la plus vineuse, à des prix très abordables, de 15 à 20 euros. C’est l’une des rares régions viticoles qui ne subit aucune crise, cela prouve que les consommateurs sont satisfaits lorsqu’ils ouvrent une bouteille de Champagne. Il y aussi une grande cohésion et une grande solidarité entre les grands seigneurs de la Champagne et les petits vignerons et chacun se respecte, c’est certainement également l’une des clés pour appréhender la région, même, si, on s’en doute, les exceptions confirment la règle.

Bien entendu, il faut aussi considérer le Champagne comme un vin à part entière : les très grandes cuvées de prestige (celles que l’on retrouvent dans mon Classement dans la catégorie des Premiers Grands Vins Classés, puis, dans une bonne partie des Deuxièmes Grands Vins Classés) sont des cuvées de Champagne que l’on boit comme un grand vin, en les associant à des moments du repas, sur des plats appropriés. On a la chance d’accéder ainsi aussi bien au summum de la finesse qu’à celui de la complexité et de la vinosité. C’est la raison pour laquejje je distingue 2 grandes catégories, les cuvées où la puissance prédomine, et celles où c’est l’élégance. Question de goût, de moments et d’accord avec les mets.


La force des sols

Contrairement à ce que l’on pourrait croire pour un vin d’assemblage, les sols ont toute leur importance en Champagne, apportant une spécificité réelle et différente selon que l’on se trouve à Cramant ou à Épernay, à Ay ou à Bouzy, dans l’Aube ou la Marne.


Il faut savoir que le vignoble champenois est établi sur le calcaire. Les grands crus reposent, en général à mi-coteau, sur une mince couche d’éboulis provenant des pentes tertiaires, où affleure la craie du crétacé supérieur avec ses fossiles caractéristiques (bélemnites), en un bloc atteignant 200 m d’épaisseur et parfois davantage. Cette assise est recouverte par une couche de terre meuble et fertile, d’une épaisseur variant entre 20 et 50 cm.


La craie en sous-sol assure un drainage parfait permettant l’infiltration des eaux en excès, tout en conservant au sol une humidité suffisante. De plus, elle a la faculté d’emmagasiner et de restituer la chaleur solaire, jouant ainsi un rôle régulateur extrêmement bénéfique à la maturité, complémentaire de l’action stabilisatrice des bois et forêts déjà notée. C’est enfin à la craie, avant tout, que les vins de Champagne doivent leur finesse et leur légèreté. Sur les coteaux orientés au midi ou au sud-est qui l’abritent de leurs épaulements, la vigne prospère, protégée des vents du Nord, généreusement offerte au soleil. La lumière d’une exceptionnelle intensité, est réverbérée par cette terre claire qui réfléchit la chaleur du soleil : les grappes mûrissent entre les rayons et leurs reflets.


Le vignoble comporte quatre zones : la montagne de Reims, la vallée de la Marne, la Côte des blancs et les vignobles de l’Aube. Les trois premières, correspondant aux arrondissements de Reims et d’Épernay, au cœur même de la région champenoise, en forment la partie essentielle, celle où se situent les crus les plus réputés. Les vignes y serpentent à flanc de coteau en un long ruban de 120 km, sur une largeur de 300 m à 2 km. La montagne de Reims fait partie de la falaise de l’Île-de-France. Elle constitue le versant méridional de la vallée de la Vesle, et s’étend jusqu’à la vallée de la Marne qu’elle surplombe à hauteur d’Épernay. C’est un vaste plateau, à faible relief, d’une longueur variant de 20 à 25 km et d’une largeur variant de 6 à 10 km. Parmi ses meilleurs crus on peut citer Ambonnay, Beaumont-sur-Vesle, Bouzy, Louvois, Mailly-Champagne, Sillery, Verzenais et Verzy. Dans la vallée de la Marne les vignobles sont établis principalement entre Tours-sur-Marne et Dormans, et se prolongent jusqu’à Château-Thierry et au-delà, c’est-à-dire jusque dans l’Aisne. On y trouve des crus renommés tels que Ay et Mareuil-sur-Ay. La Côte des Blancs, ou côte d’Avize, ainsi appelée parce qu’elle produit presque exclusivement des raisins blancs, est orientée face à l’est. C’est une seconde falaise perpendiculaire à la montagne de Reims, moins élevée, qui, au sud d’Épernay et de la Marne, s’étend sur environ 20 km nord-sud. Les meilleurs crus en sont Avize, Cramant, Oger et Le-Mesnil-sur-Oger. Elle se prolonge par la Côte de Vertus, la région de Congy et la Côte de Sézanne. Séparé de l’ensemble marnais par la plaine de Champagne, le vignoble de l’Aube est établi dans la région de Bar-sur-Seine et de Bar-sur-Aube.


À cela s’ajoute la proportion des cépages, et chaque maison ou vigneron, possède alors les facultés de créer véritablement une cuvée légère ou puissante. Et puis, ce qu’il ne faut surtout pas occulter pour comprendre la différence entre une grande cuvée et une autre, ce sont les incontournables vins de réserve, que l’on ajoute avec des millésimes plus jeunes. On ne fait un grand vin ici que si l’on a du stock, l’exception confirmant la règle.


Le Champagne, c’est quoi ?

La méthode de la prise de mousse est rattachée généralement au nom de Dom Pérignon, génie gustatif du XVIIIe siècle, qui réalisa les premiers vins “tumultueux”, emprisonnés dans les bouteilles épaisses, aptes à résister à des pressions de quelque 6 kg. Elle consiste à additionner au vin tranquille obtenu après de subtils coupages et assemblages une liqueur de tirage dont la dose de sucre est définie selon le type de produit que l’on désire, et d’un levain de levures sélectionnées. Le vin est immédiatement embouteillé et mis en cave à une température de 10 à 12°. Une seconde fermentation alcoolique va s’effectuer. Elle durera des mois, et maintiendra le gaz carbonique sous pression dans les bouteilles qui sont alors posées sur des “pupitres” qui permettent de varier à l’infini la position des bouteilles. C’est l’opération de remuage qui consiste à incliner et à tourner les bouteilles. Certains spécialistes “manipulaient” 30 000 à 40 000 bouteilles par jour (aujourd’hui, ce sont surtout des gyropalettes automatiques qui le font) ! Quand le dépôt est rassemblé vers le goulot, il est expulsé à basse température. À la place des centilitres de liquide dégorgés (de 4 à 8), on rajoute une liqueur de complément, la liqueur d’expédition, constituée de vins vieux et de sucre dont la dose varie selon le type de mousseux recherché : brut, sec... Cette vinification ne ressemble à aucune autre puisque les opérations de coupage et de chaptalisation sont les déterminants d’une production de qualité.


Ce qui a évolué depuis 20 ans

L’explosion qualitative des vignerons champenois qui se sont faits connaître en quelque 20 ans a considérablement changé la donne. Pas de bons raisins, pas de bonnes cuvées, et plusieurs marque, autrefois côtées, se sont retrouvées dans l’impossibilité de se procurer de bons raisins, les vignerons les gardant pour leurs propres cuvées.


La Champagne n’échappe pas à la règle : on trouve donc des cuvées de bas de gamme, qui changent de nom et d’étiquette selon leurs marchés. Attention aussi aux nombreuses « marques » qui appartiennent à certains “faiseurs” : le minimum, c’est de le dire et d’informer les consommateurs. Ai-je besoin de souligner que, autant que je puisse le savoir (certaines marques -caves coopératives ou négociants- cachant bien leur véritable identité), ceux qui ne sont plus que des noms sur une étiquette ne font pas partie de ceux que je défends, comme d’autres marques de négoce, dont la qualité n’est pas en cause, qui sont dirigées par des responsables de groupes qui vendent du Champagne aujourd’hui comme demain de la lessive, c’est-à-dire sans la moindre passion ou conviction...


Savoir ce que l’on achète

Il s’agit donc de savoir bien lire une étiquette. En plus de l’appellation Champagne, le nom du producteur et éventuellement l’indication du millésime, de la teneur en sucre (brut, sec...) et l’adresse de la marque ou du lieu de production, vous lirez sur les étiquettes de Champagne les initiales suivantes :

- N. M. : marque principale appartenant à un négociant-manipulant.
- M. A. : marque “secondaire” appartenant à un négociant-manipulant ou à un négociant qui commercialise le Champagne d’un autre négociant ou d’un vigneron, ce qui leur permet d’écouler leurs bas de gamme.
- R. M. : récoltant-manipulant. Champagne vinifié et vendu par un propriétaire.
- C. M. : coopérative de manipulation. Champagne de coopérative.


Mon Classement 2007 (http://www.guidedesvins.com/champagne.php)

L’exceptionnel rapport qualité-prix de plusieurs cuvées de ce Classement, dans toutes les catégories, explique leur place par rapport à d’autres crus plus connus (et souvent bien plus chers).


Il faut donc tenir compte du prix pour comprendre qu’un très grand vin, intrinsèquement sur le plan du terroir, mais très cher, peut être dans une catégorie semblable qu’un autre vin, peut-être moins connu, plus modeste, mais dont le rapport qualité-prix-plaisir est excellent. Comme dans l’ensemble des autres Classements, cela ne remet bien entendu pas en cause le très haut niveau qualitatif du vin le plus réputé (et donc le plus cher). Il esiste également une hiérarchie interne à chaque catégorie, qui décline donc tout naturellement le Classement, les “Premiers” des Troisièmes Grands Vins Classés par exemple étant très proches de la catégorie supérieure.


Le but de ce Classement n’est pas de “comparer” tel ou tel cru, et encore moins telle ou telle appellation (intrinsèquement, qui pourrait réellement le faire ? Compare-t-on un Picasso à un Van Gogh ?). C’est dans son appellation qu’il faut situer le Classement de tel ou tel vin, par rapport aux autres vins de sa même appellation. Chaque cru retenu possède son propre caractère et demande à être apprécié en tant que tel, sans faire une comparaison avec tel ou tel autre. Le seul fait d’être dans ce Classement (ouvert à tous) est un gage de qualité, et le rapport qualité-prix-typicité est le seul critère retenu. Les absents le sont généralement faute d’un nombre conséquent de millésimes dégustés ou n’ont pas (encore) été sélectionnés. Mon Classement n’est donc pas statique, situe tel ou tel vin par rapport à des dégustations, et est donc régulièrement réactualisé. Il ne peut et ne doit pas être confondu ni comparé avec aucun autre classement, officiel ou non, qui emploierait le terme de “cru classé” ou “grand cru” ou “grand vin” ou n’importe quel autre terme, et ne remet bien sûr pas en cause un classement officiel existant, s’il en existe.


Ce qu’il faut retenir (les marques citées sont libres de toute publicité)

1/. Il y a des maisons (21 précisément, dans mon Classement) qui atteignent le haut du pavé, certaines d’entre elles bénéficiant d’un exceptionnel rapport qualité-prix-régularité. On remarquera que la plupart sont des maisons familiales, ceci expliquant peut-être cela (certaines marques ne sont plus que des noms qui changent régulièrement de mains), et qu’une seule coopérative y est présente.


Les (très) grandes maisons historiques, qui ont su préserver, voire accentuer, leur suprématie qualitative, méritent un véritable “coup de chapeau”. Pas si facile pour Taittinger ou Pol-Roger de rester au “top” depuis bien longtemps, d’autant plus que l’on peut estimer que leurs plus grandes cuvées méritent leur prix, alors que pour d’autres marques réputées, il est de plus en plus difficile de justifier les prix atteints par certaines cuvées de “prestige”, sans parler de certaines marques qui font des cuvées de base qui n’ont aucun intérêt. Ces grandes maisons sont souvent propriétaires d’importants vignobles et dirigées par des hommes pour lesquels la continuité patrimoniale prime, ceci expliquant cela (on a vu les péripéties du Champagne Taittinger qui a bien failli tomber dans les bras d’un investisseur...). Celles que je mets au sommet sont des marques qui réussissent remarquablement leurs “simples” cuvées, et c’est très difficile. Il s’agit de ne plus comparer uniquement l’image de marque mais une réelle et grande régularité qualitative, d’autant plus que le Classement change chaque année.


Aux côtés de ces maisons incontournables (Roederer, Krug, Charles Heidsieck, Alfred Gratien...), quelques autres atteignent les sommets, notamment pour récompenser un savoir-faire et/ou un rapport qualité-prix indéniable (Thiénot, Gosset, Ellner, De Sousa, Veuve A. Devaux et Pierre Peters).
 
Cette année, deux autres font leur apparition dans le haut de mon Classement, l’une à taille humaine et familiale, Geoffroy, l’autre, De Venoge, faisant partie d’un groupe très dynamique, les deux représentant très bien ce qui fait la force de la région : l’osmose, la complémentarité entre deux entités ou approches intrinsèquement différentes, mais dont le trait d’union est une recherche qualitative incontestable. Chaque marque n’est bien sûr pas à “comparer” à une autre, et le tout est de rester maintenant à cette place. Il est donc impératif de suivre à la lettre la hiérarchie interne de ce Classement 2007, les Premiers des “Premiers” étant intrinsèquement “supérieurs” aux autres “Premiers”, et ainsi de suite, en sachant que, toujours, le rapport qualité-prix prime et explique bien des choses.


2/. Ensuite, voici le véritable vivier de bonnes affaires, en “grandes” marques, mais surtout en plusieurs “petites” maisons, en coopératives et chez des vignerons qui proposent le plus souvent un exceptionnel rapport qualité-prix-plaisir. Une mine d’or pour les amateurs exigeants, passionnés par les terroirs qui permettent cette mosaïque exceptionnelle.


Des cuvées peuvent prétendre atteindre les sommets, globalement celles qui sont dans le peloton de tête des Deuxièmes Grands Vins Classés (notamment celles de Paul Bara, J-M. Gobillard, Philipponnat, Robert Moncuit, Gonet-Sulcova, Coulon, Delaunois, Chiquet, Lombard, René Rutat, Prin, De Lozey, Bonville...). À leur côtés, le plus souvent très proches qualitativement (voire meilleurs selon les cuvées), on trouve des maisons et vignerons exemplaires qui bénéficient également de rapport qualité-prix-typicité exceptionnels, et peuvent aussi prétendre aux plus hautes places (Collard-Picard, Pierre Arnould, Bonnaire, Mandois, Benoît Lahaye, Lancelot-Pienne, Pierre Mignon, Leclerc-Briant, Collard-Picard, Legras et Haas, Bourgeois, Laurent-Gabriel, Michel Lenique, Bardoux, Waris-Hubert, Prévoteau-Perrier...).


En tout cas, ce sont de grandes valeurs sûres, et l’on peut noter que ces vignerons et petites maisons, dont la notoriété n’exisstaient pratiquement pas il y a quelques décennies, parviennent, chacun dans sa catégorie à s’imposer et à devenir incontournables.


À la suite, une bonne cinquantaine de maisons, caves et vignerons, fer de lance de l’exceptionnelle révolution qualitative qu’a connue la Champagne depuis 20 ans..., chacune avec sa spécificité, chacune pouvant mériter mieux... C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce Classement, récompenser les meilleurs, les plus connus comme les autres, en étant réactualisé en permanence. Une véritable hiérarchie interne et propre à cette catégorie s’impose ici, les Premiers ou les Deuxièmes des “Deuxièmes Grands Vins Classés” ne sont pas au même niveau que les Troisièmes ou Quatrièmes de la même catégorie, chaque catégorie étant régulièrement en mouvement selon la qualité des cuvées, ceci expliquant qu’un bon nombre de maisons prennent du galon dans le Classement cette année.



Nouveaux sites et Tv web

Par pdg :: 19/01/2007 à 11:13 :: Général
De nouveaux sites, dont le blog de MILLÉSIMES : http://blog.millesimes.info/

Et la préparation de sites et blogs Tv, où se retrouveront en vidéos des articles, dégustations, reportages, interviws, portaits... mais aussi les propres vidéos des vignerons. Plusieurs noms de domaines dont winetelevision.fr, wine-tv.fr, vintage-tv.fr, millesimes-tv.fr..., et, en attendant : http://blog.tv20.fr/, http://blog.millesimes-tv.com/, http://blog.frenchwinetv.eu/...

DEGUSTATION CORBIERES ET MINERVOIS : LE TOP

Par pdg :: 17/01/2007 à 19:25 :: Général
LE CLASSEMENT : http://www.millesimes.fr/languedoc_roussillon_.php


CORBIÈRES

Château AIGUES VIVES
Philippe Dourthe
11200 Boutenac
Tél. 05 56 58 01 23
Fax. 05 56 58 00 88
e-mail : contact@chateauaiguesvives.com
Philippe Dourthe (voir le Château Maucaillou à Moulis) a été envoûté par la fabuleuse histoire du peuple cathare et subjugué par le charme de ce pays enchanteur. Il peut-être satisfait de son Corbières Cuvée d’Exception 2003, de robe pourpre, souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr), légèrement épicé, de très bonne évolution. Le Château Aigues Vives blanc 2004, pur Macabéo, un vin gras avec une bonne pointe d’acidité qui parfait son équilibre, aux arômes de poire et de fleurs blanches, tout en persistance, idéal sur des coquilles Saint-Jacques. Excellent rosé, d’un beau rose soutenu, friand.

Château ÉTANG DES COLOMBES
Henri Gualco
11200 Lézignan-Corbières
Tél. 04 68 27 00 03
Fax. 04 68 27 24 63
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. On le comprend aisément avec leur  Corbières Château Étang des Colombes Bois des Dames rouge 2004 (50% Carignan, 40% Syrah et 10% Grenache, très vieilles vignes de Carignan, vinification en grains entiers, longue cuvaison et 8 mois d’élevage en fûts de chêne, rendement moyen de 25 hl/ha), très coloré, de bouche puissante et dense, aux tanins présents, aux notes d’humus et de réglisse, un vin qu’il faut laisser évoluer pour profiter de son potentiel réel. Le Château Étang des Colombes Bois des Dames blanc 2005, provenant d’une macération pelliculaire des Grenache blanc et Bourboulenc, est de robe jaune clair, complexe avec ces notes de petits fruits secs, de pêche et de tilleul, un beau vin suave, tout en finesse et en arômes. Goûtez ce Corbières Bicentenaire Vieilles Vignes 2003, de couleur intense, racé, un beau vin concentré, au nez puissant, tout en nuances aromatiques où dominent la réglisse et les épices, de bouche riche. Très réussi encore, cet élégant Gris Colombes 2005, tout en fruité, tout en bouche, aux notes de petits fruits très mûrs, vraiment charmeur.

Domaine de FONTSAINTE
Yves et Bruno Laboucarié
Route de Ferrals 11200 Boutenac
Tél. 04 68 27 07 63
www.fontsainte.com
Au sommet. Yves et Bruno Laboucarié produisent des vins à l’image du climat méditerranéen et de leur terroir de Boutenac, en sachant conserver leur typicité tout en les marquant de leur personnalité dans les différentes étapes de la culture de la vigne, de la vendange manuelle et de la vinification. On le voit avec ce remarquable Corbières cuvée du Centurion 2003, encore fermé, un grand vin de couleur intense, avec des tanins très présents, d’une structure soutenue, très charnu, avec ces nuances de fruits noirs confiturés, de cuir, de sous-bois, prometteur. Très séduisant Corbières rosé Gris de gris, aux notes de rose et de fraise, à ouvrir sur des gambas.

Château du GRAND-CAUMONT     
Françoise Rigal
11200 Lézignan-Corbières
Tél. 04 68 27 10 82
Fax. 04 68 27 54 59
e-mail : chateau.grand-caumont@wanadoo.fr
Coup de cœur pour ce Corbières rouge Impatience 2003 (40% Carignan noir, 40% Syrah et 20% Grenache noir, élevage en barriques pendant 18 mois pour 40% de l’assemblage), de robe grenat, est structuré, au nez persistant où dominent des notes de griotte, le poivre et les épices, un vin riche et long en bouche, aux tanins mûrs, d’excellente évolution. Excellent Corbières cuvée Spéciale 2003 (40% vieilles vignes de Carignan, 40% Syrah, 10% Grenache noir et 10% Grenache, élevage en cuves), généreux, aux tanins plus fondus, de bouche bien corsée comme il le faut, qui s’apprécie sur un gigot de mouton.

Domaine Simone MARTINOLLE
Simone Martinolle
11200 Lézignan-Corbières
Tél. 04 68 27 10 45
Fax. 04 68 27 46 47
e-mail : pierre.martinolle@club-internet.fr
www.domaine-martinolle.com
Au sommet. Domaine de 30 ha. Très beau Corbières rouge 2003, un vin riche en couleur, classique et concentré, alliant finesse et structure, de bouche pleine, de belle matière, aux tanins bien fermes, au nez dominé par la cerise et les sous-bois. Le 2002 est un vin de bouche charnue, de robe rubis, au nez concentré (violette et cassis), aux tanins bien fondus mais très présents, bien persistant en finale. Excellent 2001, de belle robe soutenue, très parfumé (humus, réglisse), alliant charpente et rondeur en bouche.

Château MONTREDON
Marquis de Montredon de Scorraille
11000 Montredon
Tél. 04 68 42 01 78
Fax. 04 68 42 86 80
Toujours au sommet avec ce Corbières 2003,  coloré et complexe, au nez à la fois intense et subtil où s’entremêlent la griotte mûre et une touche épicée caractéristique, de belle charpente, bien corsé en bouche comme il le faut. Le 2002 est un vin aux notes de fruits rouges frais, d’humus et de cannelle, riche en couleur, aux tanins puissants et très harmonieux, et poursuit son évolution.
Corbières 2004

Château RIOUSSES
Gilles Nouaille
4, rue Quaranta 11700 Capendu
Tél. et Fax. 04 68 79 13 85
Propriété du XVIIe siècle de 25 ha plantés sur des terrasses argilo-calcaires de graves et d’alluvions. Son Corbières cuvée Prestige rouge 2003 est de bouche riche et typée, tout en couleur, très aromatique, avec ces notes subtiles d’humus et de petits fruits rouges surmûris, ample, de garde. Le Tradition 2004 est de teinte grenat, dense au nez comme en bouche, charpenté, aux tanins savoureux.

Château SAINT-JAMES
Christophe Gualco
11200 Lézignan-Corbières
Tél. 04 68 27 00 03
Fax. 04 68 27 24 63
Classé 1er Grand Vin. Sympathique et dynamique, le fils d’Henri Gualco (voir le Château Étang des Colombes) peut être fier de son Corbières rouge cuvée Prieuré 2003, à dominante de Syrah (60%, le reste en Grenache noir et Mourvèdre), de jolie robe grenat, avec ces arômes d’épices et de fruits confits, fort bien élevé, un vin ferme et très parfumé, de bouche puissante et de très bonne garde. Le blanc 2004 est remarquable de finesse, riche en bouquet (agrumes, aubépine, amande...), très harmonieux, de bouche franche et persistante, à savourer sur une parillada comme sur une côte de veau.

Château de VAUGELAS
Olivier Bonfils
11200 Camplong-d’Aude
Tél. 04 68 43 68 41
Fax. 04 68 43 57 43
e.mail : chateauvaugelas@wanadoo.fr
www.chateauvaugelas.com
Vaugelas est une belle histoire de famille, comme on les aime, où la volonté s’associe au talent. “Mon père est à la retraite, précise Oliver Bonfils, Laurent s’occupe de la commercialisation, Jérôme dirige la culture et la conduite des vignobles, et moi-même les vinifications, l’élevage des vins et le suivi en bouteilles.” On est donc au sommet avec ce Corbières cuvée Le Prieuré 2004 (voir encadré). À ses côtés, la cuvée La Tour de Mir, un vin coloré, puissant et corsé, aux tanins présents mais bien fondus, au nez dominé par la griotte, la réglisse et l’humus, d’excellente évolution, le tout bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-typicité.


MINERVOIS

Domaine de BARROUBIO
Raymond Miquel
34360 Saint-Jean-de-Minervois
Tél. et Fax. 04 67 38 14 06
e-mail : barroubio@club-internet.fr
Toujours au sommet. Un domaine qui s’étend sur 52 ha dont 17 plantés en Muscat de Saint-Jean-de-Minervois et 9 en Minervois. Beau Minervois rouge cuvée Jean Miquel 2003 (80% Carignan et 20% Grenache, élevé 12 mois en barriques de 4 vins),  un vin de belle couleur grenat, encore jeune, au nez de sous-bois et de griotte, associant finesse et charpente, avec des tanins à la fois riches et savoureux. Excellent Minervois rouge, de couleur rubis profond, qui développe un nez puissant dominé par la garrigue et la cerise noire, de très bonne charpente. Le Minervois rosé 2005 est parfumé et charmeur, parfait sur une quiche, par exemple. Séduisant Muscat Saint-Jean-de-Minervois (Muscat à petits grains), de bouche onctueuse et fraîche à la fois, à déboucher à l’apéritif, très réussi comme ce Muscat Sec 2005, finement bouqueté, suave en bouche.

Château de BLOMAC
Jean de Thélin
11700 Blomac
Tél. 04 67 31 27 19
Fax. 04 67 31 77 55
e-mail : chateaublomac@vinsdusiècle.com
www.vinsdusiècle.com/chateaublomac
Remarquable Minervois cuvée Tradition rouge 2003, très bien élevé, de robe rubis, avec ce charnu caractéristique, cette pointe d’épices et cette charpente à la fois riche et souple, d’excellente garde. Très joli rosé, issu de saignée, très bien équilibré en acidité, un vin de bouche puissante, riche en bouquet, harmonieux, aux notes d’abricot et de petites fleurs, tout en finale.

Château FABAS
Roland, Yann et Loïc Augustin
11800 Laure-Minervois
Tél. 04 68 78 17 82
Fax. 04 68 78 22 61
e-mail : chateaufabas@aol.com
Au sommet. Aux côtés des superbes Minervois Le Mourral 2003 et Le Seigneur, on se fait vraiment plaisir avec leur Minervois blanc cuvée Virginie 2003, qui doit son originalité à la complexité de ses cépages : 60% de Vermentino, 30% Maccabéo et Roussane, 10% Bourboulenc. Un vin très typé comme on les aime, tout en rondeur, finement bouqueté avec des notes de noisette, avec un bel équilibre entre la fraîcheur, la rondeur et le fruité, d’une finale longue avec d’agréables  notes d’agrumes et de fleurs, à déboucher sur une escalope de dinde à la crème comme sur des crustacés. Excellent Minervois rouge Alexandre, un vin aux tanins présents et savoureux à la fois, de belle robe soutenue, très parfumé (humus, réglisse), alliant charpente et rondeur en bouche. Le rapport qualité-prix-plaisir est exceptionnel, ce qui n’est pas rien.

Château MILLEGRAND
11800 Trèbes
Tél. et Fax. 04 68 78 30 96
Classé 1er Grand Vin. Domaine de 210 ha,  situé sur un plateaux graveleux et argileux. Remarquable Minervois rouge Fût 2003, issu des Syrah, Grenache, Carignan et Mourvèdre (vinification à longue macération en cuves, élevage en fûts avec soutirages), de couleur pourpre, au nez dominé par les petits fruits rouges (cassis, framboise) et d’épices, un vin dense et charnu comme il le faut, structuré, qui bénéficie d’un très joli rapport qualité-prix. Mêmes propriétaires que le Château Vaugelas.

Domaine PECH D’ANDRÉ
Mireille Remaury
34210 Azillanet
Tél. 04 68 91 22 66
Fax. 04 68 91 23 85
Savoureux  Minervois Château Pech d’André rouge 2004 (100% Mourvèdre), de robe intense, typé, au nez de mûre et de cannelle, bien épicé en bouche, aux tanins présents et soyeux à la fois, de très bonne garde. Le Minervois Château Pech d’André cuvée Jacques d’André 2003 (90% Syrah et 10% Mourvèdre) est de robe rubis, parfumé en bouche, ample, de bonne charpente.

Château PIQUE-PERLOU
Véronique et Serge Serris
11200 Roubia
Tél. et Fax. 04 68 43 22 46
Un domaine de 30 ha (vendanges manuelles). On y savoure ce Minervois Pique-Perlou rouge 2003, coloré,  de robe grenat, aux notes discrètes de sous-bois et de mûre, alliant charpente et souplesse. Le rosé est très agréable, de bouche friande, bien vinifié comme le blanc, rond et sec à la fois, où s’entremêlent les fruits, les épices et les fleurs fraîches.

Château de VILLERAMBERT
Marceau Moureau et Fils
11160 Caunes-Minervois
Tél. 04 68 77 16 40
Fax. 04 68 77 08 14
e-mail : marceau.moureau.et.fils@wanadoo.fr
À la tête des Premiers Grands Vins Classés. On le comprend avec ce Minervois rouge cuvée des Marbreries Hautes 2004 (100% Syrah sur un coteau de schistes), élevage un an en fûts de chêne renouvelés par tiers tous les ans, d’une belle couleur soutenue et sombre, au nez dominé par les petits fruits rouges à noyau et des notes de fumé, un vin puissant et de très bonne évolution. Leur Villerambert rouge 2003, issu de coteaux argilo-calcaires veinés de schistes et de marbre, est bien corsé, charnu, au nez complexe où dominent les fruits mûrs et les épices. Goûtez le Château Villegly rouge 2005 (60% Syrah, 20% Grenache sur des plateaux de grès calcaires et de marnes exposés plein sud), d’une robe rubis foncé, aux arômes de violette et de réglisse, de bouche puissante et élégante, encore jeune. Le Minervois rosé 2005, est tout en bouche, tout en arômes, idéal sur une terrine de lièvre.



Vos commentaires sur notre débat

Par pdg :: 15/01/2007 à 16:51 :: Général

Par pdg :: 14/01/2007 à 18:39 :: Général

Le milieu du vin possède une éthique. Nous aussi, nous avons une éthique : elle s’exprime au travers de notre respect pour le consommateur, pour nos lecteurs, pour les amateurs, pour les jeunes comme pour les moins jeunes, en sachant bien que l’apprentissage des vins, l’information, demandent du temps, de l’argent, de la patience, de la passion, de l’intérêt. Cette éthique s’exprime aussi en défendant les vignerons passionnés et passionnants. On comprend qu’il y a aujourd’hui deux mondes du vin, deux options : l’une où l’éthique prime, l’autre purement commerciale. D’un côté donc, il y a des marchands ou des opportunistes qui font des vins standardisés ou “putassiers” en prenant les consommateurs pour des idiots. En face, n’importe quel vigneron digne de ce nom, comme un autre artisan, un fromager, un boulanger ou un artiste vous le dira : même si l’on doit en vivre, et donc le vendre le mieux possible, on ne peint pas un tableau pour plaire, on n’écrit pas un roman ou on ne compose pas une œuvre musicale uniquement pour vendre, mais parce que l’on est inspiré et que l’on a des idées et des convictions. Il faut savoir choisir entre le fait d’encenser les vins “dopés” et celui d’aimer les vrais vins, tout simplement, ceux dans lesquels on retrouve aussi bien la force du terroir que la main de l’homme.


LUTTER CONTRE LA MONDIALISATION DU GOÛT

On se bat contre la mondialisation de la “malbouffe”, et pour le vin c’est encore plus fondamental et plus réel. Un vin français ou étranger qui n’est fait qu’à l’aide de vinification ultra-sophistiquée n’a aucun intérêt. Quel sens cela a-t-il de ne mettre en avant que le côté technique ? Ce n’est pas un gage de qualité, et encore moins celui de laisser s’exprimer la Nature que d’utiliser à tort et à travers des techniques à manier avec beaucoup de précaution. Certes, les vins ont changé (pas tant que cela, en fait), se sont assouplis, se sont dépoussiérés de leurs mauvais goûts et sont beaucoup plus garants d’une véritable régularité qualitative. Pourtant, celle-ci ne doit pas être, comme se plaisent à le faire certains, l’occasion de dépersonnaliser les crus, de “lisser” les terroirs, sous prétexte de glaner des bonnes notes auprès de tel ou tel “critique” du moment. Un vin digne de ce nom, c’est simplement un vin qui procure du plaisir, un moment où l’esprit et le corps sont en osmose, la même que peut inciter un regard devant toute autre forme de beauté et de création, artistique, philosophique, humaine ou sportive.


LE RESPECT DES AUTRES EN REJETANT L’INDÉCENCE

En parallèle, on est loin du temps de l’arrogance (voir aussi Introduction Bordeaux). Il faut avouer qu’il devient risible (une sorte de fin de régime) de constater que quelques-uns, qui proposent un vin trop cher, en perte de marché, sont encore dans une démarche où l’on se moque des consommateurs. On voit que certains grands chefs en reviennent (c’est tout à leur honneur) comprenant que l’on ne peut plus, aujourd’hui, continuer de vendre des plats à des prix indécents. Il en va de même dans le vin, à l’exception de quelques très rares bouteilles (une dizaine ? ) qui nagent dans un monde de luxe et non plus dans celui de la bouche, là où le prix n’est plus le simple révélateur de qualité. L’époque n’est plus à la frime, et ceux-là doivent accepter de faire comme les autres, c’est-à-dire de “mouiller la chemise” pour vendre leurs produits. Terminés les acquits. Quand on voit le dynamisme et le savoir-faire commercial (c’est-à-dire proposer un vin à un prix cohérent, du plus modeste au plus grand) de nombreuses appellations françaises moins connues et d’un bon nombre de pays étrangers, on comprend que quelques grands crus dont la notoriété est aujourd’hui dépassée puissent se faire des soucis.

Je connais plus de 3000 vignerons, dont un non nombre que je respecte, même s’ils sont absents du Guide. Les producteurs de vin qui ne pensent qu’à augmenter leur prix, à récolter une bonne note en maquillant leur vin, à adapter un vin selon la mode, n’ont aucun intérêt. À quoi bon faire un vin sans plaisir ? Ne vaut-il pas mieux encenser l’effort et le talent que la “gonflette” et la triche ? Quel est le champion le plus estimable : celui qui se “dope” ou celui qui gagne parce qu’il est le meilleur ? Élever un vin, c’est faire preuve d’humilité. L’humilité, c’est une nature, pas un objectif de marketing. Il y a des producteurs de vins très chers qui méritent le respect. D’autres se croient supérieurs aux autres, et le montrent.


DÉFENDRE LA TYPICITÉ EN REJETANT LE DOPAGE

Les vins “putassiers” existent toujours car il y a des acheteurs qui se font “bluffer”, mais il y a un revers à la médaille. Le phénomène “vin de garage” se tasse, car l’on se rend compte que ces vins ne tiennent pas la distance. La déception est grande, mais beaucoup plus infime en comparaison de celle d’un consommateur qui a payé une bouteille aujourd’hui sans intérêt à plus de 200 ou 300 e. Si l’on veut être respecté, il faut respecter les autres, en l’occurence les consommateurs. On fabrique donc (quel autre mot pourrait-on employer ? ) ici ou là des vins maquillés, produits comme un drink ou un cocktail. Certains choisissent de faire un vin qui plaît à tout le monde, qui a un goût uniforme, où on se contente de mettre particulièrement le cépage en avant, et c’est bien la preuve que l’on veut escamoter le terroir, ou tout simplement que l’on n’en a pas ! À ce jeu, on ne peutr d’ailleurs pas lutter contre les multinationales du vin. Raison de plus pour ne pas le faire.

À quoi bon surconcentrer les vins, ajouter des levures aromatiques à outrance, un élevage 100% (voire 200%) en barriques neuves quand l’élevage ne doit être qu’un apport, ajouter des copeaux de bois, pratiquer démesurément l’osmose inverse, le micro-bullage ou la micro-oxygénisation, filtrer de plus en plus… Tout cela dépersonnalise les vins et les “aseptise”, ces vins encensés par certains, vendus à des prix inadmissibles grâce à cela, ne valent plus tripette au bout de 3 ans quand on les sert dans un verre. Il y a donc de quoi sourire sur ce phénomène de “vins de mode”. Comme les OGM, il y a donc ces “VVM” (Vins Vinifiquement Modifiés). À prendre avec humour, bien que ce ne soit pas bien drôle.

On a donc fait des vins de dopage, un point c’est tout. Cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand chose si l’on a pas un terroir. La priorité, c’est laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faite la nature, qui n’a besoin de personne… Un bon vigneron, qui fait un bon vin, n’a pas besoin de se justifier ou de se déjuger. Quand on a chance de pouvoir sortir de son terroir un Sancerre “minéral”, un Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Sauternes issu du Botrytis… on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, de communiquer, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin, ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis. L’usage de la barrique peut être incontestablement un plus, encore faut-il savoir le maîtriser.


LA MASCARADE DES CONCOURS OU DES PRIMEURS

Donner son avis sur un grand cru 2005 de Bordeaux 3 mois après les vendanges, ce n’est que de l’esbroufe. On se trouve face à des vins non finis dont le but est de rafler des éloges, des “étoiles”, des notes de “95 sur 100″ ou “17 sur 20″ (et plus, hélas), uniquement pour pouvoir se vendre vite et cher. Qui peut oser prétendre savoir ce que donnera un vrai grand cru au moment où il vient juste d’être abruti par le début de son élevage en barriques ?

C’est une mascarade, à laquelle certains critiques, surtout étrangers, qui s’y prêtent feraient mieux d’apprendre l’humilité au lieu de donner des conseils. On nous explique même très sérieusement qu’il faudra boire le vin en 2009 ou en 2020. Certains propriétaires feraient bien également de voir à long terme, revenant à plus de réserve, en freinant ces dégustations trop précoces, qui les desservent plus qu’autre chose. On ne me voit donc pas dans le carnaval des dégustations des “primeurs”, par exemple. Idem pour les “concours” qui mélangent des vins jeunes, français et étrangers, totalement différents, favorisant ainsi les vins de vinification plutôt que le terroir, qui a besoin de temps pour s’exprimer. Pour les sélections de mon Guide, il n’y a pas de dégustations factices ou arrangées : je ne déguste que des bouteilles capsulées afin d’éviter ces trop jeunes cuvées de concours spécialement arrangées pour bien sortir. Sinon, je déguste sur place, au château, directement dans les fûts, au hasard.


L’ÉVOLUTION DES VINS

Le paradoxe (ou plutôt, le fait que le hasard n’existe pas), et c’est une évidence que quelques “dégustateurs” ne peuvent pas assimiler, faute de recul, c’est que les très grands vins, de toute la France, que l’on goûtait il y a 25 ans n’ont pas tellement changé, ils étaient bons et ils le sont toujours, avec cette empreinte très forte de leur terroir. C’est la différence inimitable entre les très grands vins racés et les autres bons vins que ce soit en Bourgogne, à Bordeaux, dans la Loire, en Champagne ou ailleurs. Est-ce les vins ou nous-mêmes qui changeons ? J’ai commencé dans le Val de Loire et il y avait déjà autant de bons vins de Chinon ou de Saumur-Champigny, et les meilleurs producteurs sont souvent les mêmes. Il n’y a plus de mauvais goût, souvent dûs à des mauvaises barriques ou à des raisins peu mûrs, et voilà tout. Le nombre de “marques”, de châteaux, de domaines, a explosé dans ce laps de temps, puisque, auparavant peu de propriétaires vendaient réellement leur production directement. Il ne faut pas faire d’amalgame. La première chose à comprendre, c’est que la consommation a évidemment changé mais, contrairement à ce que l’on peut prétendre, on ne boit pas réellement moins de vin, mais on ne boit plus les vins de bas de gamme, on s’intéresse aux appellations contrôlées, notamment, aux vrais bons vins, à ceux qui ont une “âme”. Les vins sont devenus plus intéressants, on s’informe plus, les consommateurs sont devenus plus matures et s’intéressent plus à ce qu’ils ont dans leur verre (ou dans leur assiette).

Les viticulteurs -j’aime mieux le terme de vignerons- ont évolué eux-aussi. Ils l’ont fait comme d’autres professionnels dans différents secteurs, commerciaux, tertiaires ou industriels, tout naturellement, en mettant à profit les nouvelles connaissances mises à leur disposition. Les producteurs n’ont pas modifié leur façon de vinifier ou d’élever leurs vins pour faire plaisir aux consommateurs comme le prétendent certains, notamment ceux qui tentent d’imposer un vin standardisé. Il est inexact de dire que l’on produit des vins adaptés au goût des consommateurs. La typicité est au contraire revendiquée.


CLASSER LES VINS DE FRANCE

Mon Guide des Vins a été sûrement le premier du genre : en 1980, il y avait des livres, mais pas de livres “de terrain”, et cela fait des envieux, car nous avons non seulement “tenu la distance”, mais augmenté notre influence et notre développement, et considérablement permis de modifier les comportements des consommateurs comme des producteurs. Ce n’est pas si facile de durer et de progresser, ce qui prime c’est la régularité. J’ai été également le premier à remettre en cause (c’était en 1985) le “fameux” Classement des vins du Médoc qui datait de 1855… cela avait créé quelques sautes d’humeur et de nombreux soutiens. Petit à petit, j’ai créé des classements dans toute la France, pour la grande majorité des appellations. Mon expérience me permet en effet d’apprécier réellement le potentiel qualitatif des vins : on ne peut pas juger un vin en le goûtant deux ou trois fois. Il y a des dégustateurs qui arrivent sans expérience et pensent qu’en mettant le nez dans un verre pour la première fois, ils vont tout comprendre. Ils se trompent, car la connaissance passe par le constat de l’évolution d’un vin, par un certain recul : comment était-il y a 5 ans, quel était le maître de chai qui a vinifié le millésime 1988 dans tel château, quelle était la météo à la floraison ou durant les vendanges du millésime 1995 ou du 1982, région par région… c’est cela le vin, c’est ce qui en fait un produit non aseptisé, une histoire complexe qui m’intéresse et me passionne toujours autant depuis 26 ans.

Même si c’est le tout-venant, je me suis toujours refusé à “noter” un vin. C’est pour moi une négation de ce “Sang de la Terre et du Ciel” que de le ramener à l’affubler d’une note comme on le ferait pour une dégustation de petits pois. C’est oublier la main de l’homme et la dimension humaine et subjective du vin. Faire cela, c’est comme si on notait un acteur de cinéma ou des peintres contemporains de 1 à 20. Mon respect pour le travail des vignerons ne m’incite pas à agir ainsi. Pour avoir du succès, pour durer, en édition comme en vins, l’image ne suffit pas, il faut du concret, du contenu. Le contenu, c’est par exemple, les Classements. Leur but n’est pas de “comparer” tel ou tel cru, mais plutôt de symboliser des “coups de cœur”. Aucun Classement n’est à comparer avec un autre, et il ne doit pas avoir de rapprochement entre une région ou une autre.


LE GOÛT DU VIN

Pour moi, le vin n’a jamais été une boisson. Si l’on a soif, il y a l’eau. Le vin, c’est bien un art à part entière. Nul ne peut apprécier un Picasso ou un Van Gogh, le jazz ou l’opéra, une sculpture, une culture différente de la sienne sans un minimum de connaissance. On ne peut aimer les uns et les autres que si l’on comprend le pourquoi des choses et la passion humaine. Et bien, pour le vin, c’est pareil : il faut expliquer pourquoi un Chinon ne ressemble pas à un Gigondas, expliquer le terroir, le cépage, l’alliance de l’un et de l’autre, il faut expliquer encore que le Cabernet franc est différent du Grenache, et conseiller, c’est fondamental, l’accord des vins et des mets, selon les habitudes régionales, les gens, l’humeur… Ce qui compte, c’est l’originalité. En dégustation, un consommateur doit pouvoir reconnaître un Saint-Émilion, un Châteauneuf-du-Pape de par cette diversité des cépages si bien adaptés aux différents terroirs français. La force du vin, c’est d’être un produit vivant et convivial. C’est donc un art de vivre, celui d’aimer la force de la nature, de rêver en lisant quelques vers de poésie, de partager un nectar, en sachant que la qualité passe par la diversité, que l’extase est la même avec un très grand cru ou un vin modeste, puisque seuls comptent le plaisir de l’instant et celui du goût et du partage. Ce goût du vin, c’est avant tout culturel, c’est une question de mémoire collective avec une histoire, une tradition, ce que ne pourra jamais offrir un vin “fabriqué”, français ou étranger.


ALLER SUR LE TERRAIN

Je revendique à la fois la subjectivité (qui n’en a pas ?) et l’objectivité (qui peut l’être totalement ?). C’est l’essence même de la nature humaine. On ne voit pas souvent non plus de “dégustateurs” au fin fond de la vallée du Rhône, de la Loire ou de l’Alsace, de la Provence ou de la Bourgogne, un bon nombre se précipitant par contre lors des dégustations de “grands vins”. A croire que, pour eux, les 99% du vignoble restant n’ont aucun intérêt. Ce n’est pas notre manière d’agir, nous, nous y allons, par respect, pour l’information, pour la curiosité, pour soutenir, pour écouter. Il suffit de questionner les vignerons pour en avoir la preuve. On me voit sur le terrain, et pas seulement dans les grands crus. Qui d’autre va saluer sur place chaque année, un vigneron au fin fond du Béarn ou de Visan ? Qui d’autre se passionne autant pour un Chinon que pour un grand Pomerol, pour un “simple” Bordeaux Supérieur comme pour l’un des plus beaux Meursault ?

J’ai la chance d’apprécier sincèrement chaque style de vin, du plus simple au plus grand, sans faire de parallèle ni de comparaison. Je ne suis pas blasé. Pas mon genre de perdre le temps d’un déjeuner avec un propriétaire orgueilleux, mais je suis prêt à m’enthousiamer pour un vigneron qui a la foi, pour soutenir un autre qui en a besoin, pour prendre le temps de rencontrer ceux qui m’inspirent ou pour “boire un canon” en toute convivialité. À mes débuts, Emile Peynaud, avec lequel j’ai appris pas mal de choses essentielles, avait écrit un formidable livre justement intitulé le Goût du Vin. C’est avec de tels écrits, comme cet autre extraordinaire Histoire de la Vigne et du Vin en France, de Roger Dion, que l’on comprend pourquoi le vin est l’emblême d’une civilisation, celui d’un raffinement et d’une intelligence, celui d’une osmose entre la nature et l’homme. Le vin, c’est une culture, et donc un véritable patrimoine qui vaut la peine d’être défendu. Il faut soutenir le travail des vignerons qui vont dans le même sens, qui partagent cette même éthique, à savoir le respect de la nature, du terroir, de l’homme, et le plaisir du vin. Ils font un vin à leur image et doivent ensuite faire passer leur message auprès des consommateurs en leur démontrant pourquoi leur propre vin est différent de celui du voisin, pourquoi le vin sent la framboise, la griotte, comment s’exprime un terroir de marnes kimmeridgienne à Chablis, de silex dans la Loire, de molasses calcaires ailleurs, de “crasse de fer” dans le Libournais…


UN VIN, UN VRAI

Ce qui différencie un vrai vin (le prix n’entre pas en compte alors) d’un simple produit aseptisé, rouge ou blanc, c’est donc ce qu’il nous apporte : le plaisir. Et l’on ne se fait pas plaisir quand on débouche certains vins “modernes” ou à la mode. L’abus de la barrique neuve en est un exemple-type. Rares sont les vrais grands vins qui dépassent 50 à 70% de barriques neuves, et, eux, ont un terroir qui permet de sortir des vins qui “tiennent” autant de pourcentage de fûts neufs. Il est aisé de comprendre qu’un élevage à 100% en barriques neuves ne peut que produire des vins trop boisés, imbuvables, certains à la limite de l’écœureument à cause, en plus, d’une concentration à outrance. Quel intérêt de boire un vin de Bordeaux qui aurait le même goût qu’un vin du Languedoc, de Chine ou d’Australie. Le vin, ce n’est pas cela, ce n’est pas un jus de bois mais un jus de raisin. Il faut qu’il garde son fruit et de la finesse. Quand on a la chance de pouvoir sortir de son sol un Sancerre “minéral”, un Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Chambertin marqué par la griotte, un Sauternes issu du Botrytis, un Champagne où la craie apporte cette élégance… on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin,ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis. Le vin, c’est comme la vie : un peu de poésie, l’empreinte d’une origine, quelques notes de souvenirs, un zeste de sensualité, de la mesure et du respect. Il faut aussi être sensible à tous les vins, aller sur place, dans toute la France, et ne pas se contenter de dégustations mondaines, qui masquent la réalité du terrain.


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